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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 22:48

Ça veut tout simplement dire “Bienvenue sur l’île de Penang”. C’est en bahasa malaysia, la langue locale. Une langue dont on dirait qu’il manque de vocabulaire car souvent en plein milieu d’une phrase on entend un bout en anglais, comme s’il n’y avait pas assez de mots pour le dire dans leur dialecte. Une chose simple que j’ai compris dans cette langue c’est le pluriel : il suffit de répéter deux fois le même mot. Par exemple, une île c’est pulau et des îles ce serait pulau-pulau.

Me voilà donc rendu à Penang, une île plutôt touristique où tout est un peu plus chic et un peu plus cher qu’ailleurs en Malaisie. Plus cher, c’est relatif : par exemple ça me coûte 30 ringgits pour souper alors que je me contentais de 20 avant. Sur ces 30 ringgits (environ $10), la grosse bouteille de Tiger en coûte 14 à elle seule. Et je peux vous dire qu’on mange très bien avec ce peu de ringgits. Surtout chez les Chinois et les Indiens. Tout est délicieux et parfumé même si je ne sais pas toujours ce qu’il y a dans mon assiette.


Sur cette île donc il y a la ville de Georgetown, la deuxième plus grande du pays avec 1 million d’habitants. J’habite dans un hôtel plutôt conventionnel et sans grand intérêt sur le bord de la mer. J’avais besoin d’une piscine et d’un accès internet fiable, ce que j’ai trouvé difficilement à ce jour en Malaisie.  

Il y a aussi la télé qui me permet de pratiquer mon malaisien. Hier soir j’ai écouté un épisode de Mannix en bahasa malaysia et j’ai presque tout compris. :) (pour les plus jeunes, Mannix c’est une série policière américaine qui jouait à télé-métropole quand j’avais 12 ans, juste avant Symphorien)

  C’est ma deuxième île puisqu’avant d’arriver ici, j’ai passé un peu de temps à Pulau Pangkor, une très petite île peu fréquentée par les touristes. Il n’y avait pas plus qu’une dizaine d’hôtels occupés surtout par des Malaisiens. Côté bouffe, il fallait se contenter des BBQ sous des toits de tôle sur la plage.

J’ai donc passé plusieurs jours à la plage avec des gens… tout habillés. Je vous l’ai déjà laissé entendre, depuis que je suis débarqué à Kuala Lumpur j’ai un malaise avec les Malais (je sais, jeu de mot facile mais il fallait que je le fasse). Ou plutôt, devrais-je dire que j’ai un malaise avec l’islam car j’avais sous-estimé l’effet que ça aurait sur moi. Ça me faisait de quoi de voir ces enfants voilées de 10-12 ans qui pouvaient à peine retrousser leur bord de pantalon pour se tremper les pieds dans la mer en pleine canicule. Les plus téméraires se baignaient tout habillées. Imaginer comment elles doivent se sentir dans leur vêtements imprégnés d’eau salée après ça.


À l’hôtel où j’habitais, il y avait une petite piscine (une des deux seules du coin) et 90% des femmes s’y baignaient en pantalons et t-shirts à manches longues. Étonnamment, le ¾ des hommes se baignaient eux aussi avec un t-shirt (mais à manche courte et avec un maillot de bain). Tout le monde avait l’air de trouver ça normal, sauf moi. Je me demandais comment est-ce encore possible en 2009 que les exaltations d’un illuminé qui voyait l’archange Gabriel dans ses rêves, le même archange qui a fait un enfant à la sainte vierge soit dit en passant, que ces lubies donc aient autant de répercussion sur le quotidien des gens après plus de 14 siècles? Le tout étant d'ailleurs basé sur des textes écrits deux siècles après la mort dudit illuminé et qu’on interprète à la lettre encore aujourd’hui. Je sais, je sais, je suis un infidèle et il faut avoir la foi pour mériter la vie éternelle. Mais tout de même...

J’ai vu une très belle vidéo promotionnelle à la télé vantant le tourisme en Malaisie où on y voyait des images orientales à faire rêver. C’était évidemment tourné dans les “resorts” à $400 la nuit et ça disait “Malaysia, Truly Asia”. C’est drôle mais depuis que je suis ici je n’ai pas l’impression d’être en Asie mais plutôt au Pakistan. J’ai beau me forcer, regarder les gens dans la rue et me dire “c’est ça l’Asie” mais, sauf les Chinois, je vois des Malais qui me font penser aux Pakistanais. Ils ont bien un petit fond asiatique dans le regard mais leurs traits est différents de ce qu’on s’attend des asiatiques.

Et avec tous ces voiles, tous ces bibis islamiques sur la tête de ceux qui sont allé en pèlerinage à La Mecque et ces regards un peu exaltés et perdus, je ne le sens pas.  
En passant, ce n’est pas la première fois que je vois des Indiens mais ça me frappe tout d’un coup de constater que leur peau est très noire. Plus noire même que plusieurs de ceux qu’on appelle “les noirs”. Pourtant ça ne nous vient jamais à l’esprit de classer les Indiens parmi “les noirs” comme on le fait pour des africains ou des Haïtiens beaucoup moins noirs. Bizarre non? Ça doit être leurs moustaches qui change tout. :) Quant aux Indiennes, ce sont loin d’être les plus jolies mais elles gagnent la palme de l’élégance avec leur saris multicolores. Et règle générale, les Indiens semblent plus rigoler dans la vie que les Malais, ce qui est très bien à mon avis.

Je lisais dans le journal pas plus tard qu’hier matin que Pfizer a commandé un sondage sur la vie sexuelle des Malaisiens (tiens donc, on se demande bien ce qu’ils veulent leur vendre). ;) Bref, il paraît que 70% des Malaisiens sont insatisfaits de leur vie sexuelle et que ceux qui en sont le plus satisfait en Asie sont… les Indiens. Selon le même sondage, le sexe n’est pas une priorité pour les Malaisiens, n’arrivant qu’au 14e rang de leurs priorités. Même le badminton, le sport qu’on voit le plus à la télé, passe avant. Étonnant, non? Dans les mêmes journaux le gros scandale de l’heure en Malaisie est qu'un chef de parti politique est soupçonné de s’être adonné au sexe oral et qu’il est actuellement sous enquête policière pour avoir contrevenu à la loi sur l’activité sexuelle non naturelle (je traduis, mais il existe bel et bien un Unnatural Sex Act en Malaisie qui criminalise plein de choses innommables ici). Ce scandale prend plus de place dans les médias que l’autre où des hauts dirigeants du Comité Malaisien anti-corruption sont soupçonnés de… corruption. Hé oui! Après tout ça, il ne reste plus de place dans les journaux pour parler des joueurs du Canadien. :)

C’est peut-être anecdotique ce que je viens de vous raconter mais c’est un peu tout ça que je ressent dans cette société, d’où le malaise que je n’avais pas prévu en arrivant ici. Je m’attendais à être déboussolé un peu mais tous ces codes sociaux dictés par la seule religion, ce n’est pas pour moi. Par exemple, saviez-vous qu’il est très mal vu de se servir de sa main gauche pour donner ou recevoir quelque chose et ce en vertu d’autres raisons religieuses obscures. C’est rendu qu’à chaque fois que je tiens un billet d’un ringgit dans ma main gauche, je me sens infidèle et j’éprouve un malaise. Je le change donc de main avant de le donner. Pointer du doigt, c’est encore pire.

J’ai donc eu ma dose et c’est pourquoi j’ai décidé de modifier mon itinéraire et de mettre le cap sur la Thaïlande dès demain matin. Je n’avais pas prévu y aller car je croyais passer les prochaines semaines sur la côte est dans la mer de Chine où les plages sont semble-t-il aussi magnifiques qu’aux Maldives. Mais on m’informe que c’est la mousson dans ce coin pour encore un mois et que l’accès à ces îles est impraticable.

Bonne raison de changer d’air et aller voir si je me sentirai plus à l’aise avec les bouddhistes. Et il paraît que la mer est magnifique à Phuket (qui se remet du malheureux tsunami qu’on sait) même si je m’attend à me retrouver dans une trappe à touristes. Finalement, le coût de la vie y est ridiculement bas. Je viens de réserver un hôtel qui semble très bien, avec air climatisé, télé, balcon et salle de bain privée pour 800 baths par nuit, soit tout près de $25 de chez-nous.

Sin City, me voilà!
 
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 06:01
Note : J'avais préparé cet article en quittant Kuala Lumpur dans l'espoir de le publier plus tôt mais j'ai vite constaté lorsque je suis arrivé dans la petite île de Pulau Pangkor qu'internet haute vistesse, aussi bien oublier ça. C'est donc avec un peu de retard que je vous soumet cet article depuis Pulau Penang, une autre île plus près de la Thaïlande d'où je vous donnerai d'autres nouvelles bientôt.

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Kuala = confluent et Lumpur = boueux. C’est exactement ça… c’est ce que vous voyez sur cette photo, un confluent de deux ruisseaux boueux. C’est ici que les premiers explorateurs à le recherche de gisements d’étain durent s’arrêter car ce n’était plus navigable. Il paraît que lorsqu’il pleut, ça se remplit à ras bord. Mais le reste du temps c’est un ruisseau boueux.  

C’en est donc terminé de mon escapade à Kuala Lumpur. Je l’aurai vu, je suis content de l’avoir fait mais je ne m’en ennuierai pas tant que ça. Si vous passez dans le coin, pas nécessaire de faire un grand detour pour simplement prendre une photo des tours Petronas. Vous pourrez vous servir des miennes.

Je vous laisse sur cette video éducative qui vous donne une petite idée de l’expérience traumatisante que représente l’achat d’un billet d’autobus dans cette ville. Et encore, lorsque je suis revenu filmer cette séquence, il n’y avait que le quart de l’affluence que j’ai connu lorsque j’y ai mis le pied pour la première fois.

C’est sans parler du harcèlement de tous ceux qui voulaient absolument m’aider (ils ne le faisaient plus en voyant ma caméra). Ni de l’odeur infecte qui empeste l’endroit car juste en dessous de ça, il y a des dizaines d’autobus qui laissent tourner leurs moteurs diesel dans un garage souterrain et l’odeur se répand partout dans la station. Dire qu’il y a du monde qui passent leur journée là-dedans dans de minuscules cubicules. Sont plus courageux que moi.

Direction la plage maintenant.
 

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 22:01


Les singapouriens ne voyagent pas avec classe qu’en avion. Ils savent aussi le faire en autobus. Fauteuils en cuir dans la salle d’attente climatisée, petit déjeuner asiatique et boissons chaudes à bord servis par une aimable agente de bord, sièges de première classe genre La-Z-Boy avec option vibro-massage et télévision.  
C’est donc en VIP avec vue panoramique du deuxième étage que j’ai fait les 5 heures de route reliant Singapour et Kuala Lumpur, métropole de la Malaisie avec ses 3 millions d’habitants. 

Je vous le dit tout de suite, le premier contact avec KL ne fut pas génial. Est-ce dû au soleil de plomb, à la malpropreté, au harcèlement des chauffeurs de
teksi, aux rues toutes croches, mal indiquées et qui changent continuellement de nom ou tout simplement aux malaisiens eux-mêmes? Dur à dire mais disons que je regrettais un peu mon choix de destination le jour de mon arrivée.

La première chose qui nous frappe de plein fouet lorsqu’on arrive à Kuala Lumpur c’est la malpropreté. On débarque de l’autobus devant une sorte de grand entrepôt sale au milieu de
nowhere, pas moyen de trouver une carte de la ville, ni de guichet automatique, que des boui-bouis malodorants pour les gens du coin manifestement peu fortunés. On découvre rapidement qu’un peu partout à KL les gens vident leurs poubelles sur un coin de rue et, heureusement, ce tas disparaît au cours de la nuit. Par contre, pendant le jour ça mijote au soleil et ça grouille de vermine. Tout à fait le contraire de Singapour où règne la propreté.

Les gens sont différents aussi. Il faut savoir que Singapour faisait partie de la Malaisie jusqu’à ce qu’ils se fassent mettre à la porte en 1965 par des malaisiens qui trouvaient ces chinois de Singapour trop commerçants et pas assez religieux. La grande différence entre les deux états tient à la proportion des races : les malais constituent une petite minorité à Singapour (après les chinois et les indiens) alors qu’ils représentent les ⅔ des malaisiens (les chinois occupant le quart de la population). De plus, il semble y avoir une grande animosité historique entre les malais et les chinois. À Singapour les malais ne sont pas appréciés par les chinois car ils n’ont aucune soif de réussite comme eux, leur vie étant dominée par l’islam. L’important pour eux c’est l’harmonie de la société et de gagner le respect de la communauté par une vie de mérite (mérite que je n’ai pas puisque je ne fais que répéter ce que j’ai lu).

Donc, ici ce sont surtout des malais et j'en ai rencontré deux sortes : Ou bien ils sont super aimables et prévenants mais ils ont l'air d'être ailleurs, un peu perdu même. Est-ce dû à leur trop grande ferveur religieuse qui les rend bébêtes comme le prétendent les chinois? Ou encore il y a la race des solliciteurs harcelants à l'air un peu arnaqueur. C'en devient exaspérant à la longue, surtout qu'ils ne se contentent pas d'un "non, merci" comme réponse.

Il y a finalement le choc d’arriver en pays “très” musulman avec toutes ces “femmes en baklava” ;) autour de soi. Disons qu’un peu plus de la moitié des femmes portent le hijab (voile couvrant toute la tête et le cou, pas seulement un simple foulard sur la tête), y compris des policières et de très jeunes enfants. Certaines portent la niqab, longue robe noire et voile couvrant le visage ne laissant voir que leurs yeux (la plupart du temps fortement maquillés soit dit en passant). Je n'ai pas vu de burka fort heureusement. Le reste est constitué de femmes “à l’occidentale” manifestement pas ou peu affectées par la religion. Ça me donne toujours de l’urticaire quand une société est trop fortement dominée par les religieux, peu importe la religion. Ici c’est le cas et ça me fatigue de voir toute cette soumission religieuse instituée en société civile.

Bref, à première vue KL est une grosse ville sale, bruyante et peu sympathique. Elle est congestionnée, polluée, pleine de motos et d’autos qui roulent trop vite et qui n’hésiteraient pas une seconde à vous écraser si vous avez le malheur d’être sur leur chemin, dans “leur” rue qui n’appartient pas aux piétons. Ils ne se gênent surtout pas pour vous le klaxonner à outrance.

C’est aussi une ville manifestement pauvre dans la hiérarchie sociale de l’humanité. Surtout en dehors du Golden Triangle, partie du centre ville aux immenses tours modernes (dont les fameuses tours Petronas mondialement connues), aux ostentatoires centres commerciaux à l’occidentale et aux hôtels de grand luxes à 300$ la nuit qui font de l’ombre aux bidonvilles tout autour.

300$ c'est plus de 1 000 ringits alors qu'un bon repas coûte environ 12 ringits ici (et encore là, je soupçonne que c'est le prix gonflé pour les touristes). Il n’y a pas de juste milieu. L’hôtel abordable et relativement propre que j’ai trouvé (85 ringits, petit déjeuner anglais compris mais trop climatisé, on y gèle la nuit sans une couverte additionnelle) est à deux coins de rue de ce triangle doré et pourtant, on se croirait au tiers-monde quand je regarde par la fenêtre d’où j’ai a une vue magnifique sur la prison et sur l’immenses tas d’ordures infesté de rats aux coins de la rue.

  Ceci étant dit, quand on regarde les choses différemment, on découvre une société qui est en pleine modernisation. Ils ont décidé, maladroitement peut-être, de commencer par le haut de gamme avec leur triangle doré mais on sent qu’il y a une volonté d'améliorer leur sort et de rejoindre le reste de la planète. 
Ils ont la chance d’avoir du pétrole (donc des $$$) et l’exemple de leurs voisins doit sûrement les influencer (il paraît que les singapouriens vivaient le même problème de propreté il n’y a pas si longtemps de cela). Dire qu'ils ont un Grand-Prix de formule 1 grâce à ces pétrodollars et que Montréal a perdu le sien !!!

De mon côté, comme j’ai une forte capacité d’adaptation, j’apprend vite à vivre avec ces aléas. Pas plus tard que le deuxième soir j'ai décidé d'aller manger dans la rue malgré mes réticences de la veille par rapport à la propreté (j’ai mangé une pizza dans un truc à l’américaine le premier soir - 20 ringits). Je peux vous dire que j’ai très bien mangé dans cette rue et que j’ai eu un contact chaleureux avec ces gens heureux de m’accueillir à leur table. Ils étaient trois à essayer de m’expliquer leur menu écrit en chinois en rigolant de me voir un peu perdu et tout ce que j’ai trouvé à dire c’est que chez-nous, on appelle ça un “numélo 2”. :)

J’en suis maintenant rendu à traverser la rue sans trop faire attention au travers de la circulation comme le font les gens d’ici. Finalement, hier soir en revenant à l’hôtel par un raccourci à travers une ruelle sombre, le chemin était barré par un camion et je ne pouvais plus avancer. J’ai alors décidé de rentrer par la porte arrière d’un restaurant pour ressortir par l’avant en saluant les gens dans la cuisine. Comme vous pouvez le constater, je commence à me sentir un peu comme chez moi malgré mes appréhensions du début.

Maintenant, il faut que je m’éloigne un peu du bruit des grandes villes. Je pars donc demain pour la mer sur la petite île de Pangkor dans le détroit de Malacca séparant la Malaisie de l’Indonésie. Je devrais y rester au moins une semaine et essayer de m’y reposer un peu. Le seul problème est que je ne sais pas si j'aurai une chambre car personne ne répond à mes courriels. Je devrai donc me débrouiller sur place. Je commence à en avoir l'habitude. :)

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moiFaire le tour du monde en sac à dos à 50 ans, c'est possible. Conseils, anecdotes et autres souvenirs de ce long voyage autour du monde réalisé en 2009 et des autres voyages qui ont suivi.

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