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Voici le carnet d'un très long voyage que je m'apprête à faire en 2009. Mon objectif : voir des merveilles, rencontrer des gens incroyables, faire des découvertes, me ressourcer ... bref, prendre un break et en profiter pour faire le tour du monde!

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Au royaume des Khmers

Me voici rendu à Siem Reap, en plein coeur du Cambodge.

 

Un autre pays, une autre langue (le khmer), un autre alphabet (toujours le khmer) impossible à lire comme le thaï, une autre devise (le riel) mais cette fois on multiplie par 100 comparé aux baths ($1 = 3200 riels = 35 baths = 3 ringits) et pour la première fois de ce voyage, la conduite à droite, comme chez-nous.

 

Mes premières émotions sont un peu mitigées mais assez positives dans l'ensemble.

 

Tout d'abord, je n'ai jamais vu d'aussi près autant de pauvreté et de misère que depuis mon arrivée ici. Il faut savoir qu'il y a à peine 30 ans, ce pays était dévasté par Pol Pot et ses Khmers Rouges d'une façon radicale et brutale. En moins de quatre ans, ils ont tué des millions (je dis bien, millions!) de leurs compatriotes, surtout chez les citadins et les plus instruits. Certains estiment que c'est le tiers de la population de l'époque qui furent exécutés. ils ont vidé complètement du jour au lendemain la ville de Phnom Penh (une ville de 1,5 million d'habitants tout de même) et les autres grandes villes pour en expulser tout le monde. Y compris les malades, les vieillards et les infirmes qui se sont vu obligé de marcher vers la campagne et ce afin d'en faire des fermiers au nom de la cause Maoïste pure et dure. Ils ont interdit toute forme d'art, l'argent, la poste et ont coupé le pays du reste du monde. Tout ça s'est produit quelques années seulement après la fin de la guerre du Vietnam où les Américains ont joyeusement bombardé le Cambodge au napalm durant des années parce que des Vietcongs s'y cachaient.

 

Comment voulez-vous qu'un peuple se remette de ça?

 

D'un autre côté, c'est beaucoup mieux que ce que j'avais imaginé.

 

L'aéroport y est assez moderne. Aucun problème à l'arrivé si on a des dollars US en poche. On voit en entrant un grand comptoir avec une bonne douzaine de personnes qui sont là pour nous vendre un visa à 20$US. On remet au premier un formulaire que personne ne regardera. Il a besoin de deux photos mais j'ai oublié de les sortir de mes bagages avant le départ, donc je n'en avais pas sur moi. Pas de problème, il suffit d'ajouter 2$US de plus et on a plus besoin de photos comme par magie. Par la suite, ils se passent mon passeport de main en main, chacun ayant une petite tâche à faire, une petite étampe à étamper, une griffe à apposer, jusqu'au dernier qui me remet mon passeport avec le visa bien collé dedans sans poser de questions. Pas plus de questions à la douane, 3 ou 4 étampes plus tard me voilà sorti et ce sans que personne ne me demande les deux formulaires que j'ai dû compléter dans l'avion. Une vraie passoire, quoi! La seule chose qui les intéressait c'était mon 22$US.


Arrivée à Siem Reap.jpgUn coup mon bagage récupéré, quelqu'un m'attendait avec mon nom écrit sur une pancarte. C'est la deuxième fois que ça m'arrive, la première étant au Costa Rica il y a quelques années. C'était mon chauffeur qui m'attendait avec sa motodop, une sorte de moto tirant un tuk tuk plutôt confortable. Il faisait 36° et j'ai eu droit à ma promenade en plein air au milieu d'un trafic plutôt anarchique, sans stop ni lumières mais où tout le monde se faufile sans s'accrocher. Il y avait des vaches dans le milieu de la rue, des enfants à vélo qui sortaient de l'école et des centaines de motos.

 

Rendu près de la destination, nous empruntons une petite rue toute cabossée en terre battue (que du sable rouge qui colle aux vêtements) qui me mènera à mon hôtel, Le Tigre de Papier. Tout d'un coup, j'avais l'impression d'être rendu au fin fond de l'Afrique, mais sans Africains, me demandant si j'avais bien choisi mon hôtel.


Spa.jpgUne fois les sandales enlevées et laissées dehors au milieu de dizaines d'autres semblables, on découvre un très beau guesthouse avec une petite piscine et un spa pour 30$ la nuit, petit déjeuner et wifi compris.Il y a aussi un beau petit jardin avec un magnifique Bouddha ainsi qu'un petit bar-resto très sympathique (on commande et la livraison arrive d'un autre resto 15 minutes plus tard).

 

Juste avant la tombée de la nuit, j'ai décidé de prendre une marche jusqu'au coeur de la ville. À peine 10 minutes et me voilà rendu à un immense marché à ciel ouvert où on y sert de drôle de choses à manger que je n'ai jamais vu de ma vie. Contrairement à ce que je croyais, pas beaucoup de sollicitaion dans la rue et avec moins d'insistance que ce que j'ai connu jusqu'à maintenant. Ou c'est moi qui sait mieux composer avec? "Not now, thank you" avec un beau sourire et ils n'insistent plus. "Maybe later" et on achète la paix.

 

En chemin, je rencontre plein de gens sympathiques qui me font des grands hellos, qui rigolent un peu avec moi (un peu de moi aussi, j'imagine) et des enfants qui me parlent et me font aller la main. Tout le monde a un grand sourire sur le visage et ils sont assez jolis ces visages cambodgiens en général.

 

Bref, je ne sais pas si c'est moi qui s'habitue mais je me suis senti très à l'aise dans ces rues de sable rouge et plutôt bien dans un décor pas toujours évident à contempler. Lorsque je regarde les maisons, j'ai l'impression que les humains devaient vivre dans ce genre de condition au moyen-âge. Et encore! J'ai visité plusieurs villages médiévaux en Europe et c'était beaucoup plus moderne que ça. Je suis en train de terminer la lecture du roman Les piliers de la terre (très très bon malgré ses plus de 1000 pages, on ne veut pas fermer ce livre avant la fin - je vous le recommande fortement) et il s'agit d'une histoire se déroulant dans l'Angleterre du 12e siècle.


Vue de ma chambre Siem Reap.jpgOn y décrit en détail les moeurs et les habitudes de vie de l'époque et en général, les gens habitaient dans une maison en bois d'une seule pièce avec un toit en paille et un plancher en terre battue sur lequel ils faisaient un feu. C'est exactement ça que je vois en marchant dans la rue.

 

C'est d'ailleurs la première chose qui m'a frappé lorsque je suis arrivé à Siem Reap : l'odeur du feu de bois. Comme au camping ou dans un resto de pizza au four à bois. On remarque ensuite que les gens font la cuisson, sur la rue ou dans leurs taudis, avec des feux de bois.

 

Des conditions de vie du 12e siècle mais des gens au sourire radieux qui semblent sans soucis.

 

J'aime bien ces gens et je ne suis pas mal à l'aise de le côtoyer. Au contraire. Je ne me suis jamais senti autant dépaysé de ma vie et je m'abandonne à cette nouveauté. J'aime bien ce sentiment.

 

Maintenant j'ai bien hâte de visiter les temples d'Angkor (qui datent justement du 12e siècle), une des merveilles de ce monde. je vous en parle bientôt.

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