Voici le carnet d'un très long voyage que je m'apprête à faire en 2009. Mon objectif : voir des merveilles, rencontrer des gens incroyables, faire des découvertes, me ressourcer ... bref, prendre un break et en profiter pour faire le tour du monde!
Je vous ai déjà dit qu'ici c'est le printemps. En fait, ce n'est que le tout début du printemps. Les arbres sont plein de bourgeons mais pas encore en fleur. Il ne fait pas très chaud, à peine 13° aujourd'hui, mais avec un soleil resplendissant. Pour être tout à fait honnête, j'avoue qu'après tout ce temps passé dans le désert à 40° ça fait du bien un peu de fraîcheur.
Ça aura aussi le mérite de me préparer psychologiquement pour mon retour à Montréal et à l'automne que je devrai affronter de nouveau au retour (sans oublier l'hiver ensuite). ![]()
C'est donc un temps idéal pour prendre de longues marches et pour découvrir Buenos Aires
Buenos Aires, dont le nom complet est "Santísima Trinidad y Puerto de Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre" (Sainte Trinité et Port de Notre-Dame Sainte-Marie des Bons Vents) est une des plus grandes villes du monde et tout ce qu'il y a de plus moderne. C'est une ville qui ressemble étrangement à Paris par moments, à New York par d'autres et à Montréal souvent.
Paris d'abord. Ça paraît que cette ville a été construite par des Européens. Dans le centre de la ville, c'est très "Hausmanien" comme urbanisme, tout comme à Paris. De larges avenues toutes droites avec des édifices d'environ 7 étages au style architectural imposant et d'un esthétisme recherché. On a vraiment l'impression d'être en Europe et non en Amérique latine.
New York c'est pour ses rues qui sont toutes à angle droit et c'est donc très facile de s'y retrouver. New York aussi pour son quartier des spectacles où j'habite qui a des airs de Broadway avec ses panneaux réclames géants de comédies musicales. Mon auberge est juste à côté du Fantôme de l'Opéra et en face d'un spectacle un peu plus olé-olé appelé Vedettissimo dont on ne peut rater l'affiche imposante de ma chambre.
Tout comme Montréal, c'est une ville qui n'a pas une si longue histoire que ça et qui ne possède pas tant de monuments. C'est par contre une ville très riche au plan culturel. C'est une ville où la musique est omniprésente dans ses rues, où on y mange très bien et où le vin (argentin) ne coûte rien. C'est une ville faite pour le plaisir des sens, donc une ville à vivre plutôt qu'à simplement visiter.
J'avoue que je m'y sens plutôt bien et que je la trouve assez sympathique cette ville.
Cette ville a trois passions : le futbol, la musique et, bien sûr, le tango qui nous envoûte littéralement.
Juste à côté du centre de la ville il y a le quartier de San Telmo. C'est un peu le SoHo ou le Plateau du coin.
C'est surtout le haut lieu du tango sur cette planète. San Telmo ne se visite pas vraiment, on ressent ses vibrations lorsqu'on y déambule parmi ses belles boutiques et ses oeuvres d'art. San Telmo se vit plus qu'il ne se visite. Il danse le tango surtout et diffuse de la très belle musique.
Au centre on retrouve quelques lieux plus historiques comme la célèbre Place de Mai juste en face de la Casa Rosada, palais présidentiel argentin.
C'est sur la Place de Mai que se tiennent toutes les manifestations publiques depuis la nuit des temps dont celle des très connues "Madres de Plaza de Mayo", ces mères au foulard blanc dont les enfants ont «disparu», assassinés sous la dictature militaire. Elles manifestent sur cette place depuis la fin des années 70 afin que les anciens dirigeants soient jugés et reconnus coupables d'environ 30 000 disparitions.
La Casa Rosada juste en face est très connue aussi pour son balcon d'où Evita, la célébrissime épouse du colonel Juan Perón, saluait et charmait le peuple Argentin alors sous la tutelle de son fasciste de mari. C'est un palais qui a hébergé plus que son lot de dictateurs au fil des ans et l'Argentine commence à peine à se remettre de cette période pénible de son histoire.
Il y a aussi d'autres beaux coins à voir à Buenos Aires comme les quartiers de Retiro et de Recoleta où sont concentrés les résidences luxueuses et des parcs magnifiques. C'est là entre autre qu'on retrouve la très visitée pierre tombale d'Evita.
Il n'y a pas que des beautés par contre dans cette mégapole de 12 millions d'habitants. Dès qu'on sort du centre et de ses beaux quartiers, il paraît que la vie y est des plus dure, encore aujourd'hui.
Malgré tout, Buenos Aires est une grande ville moderne, agréable à visiter et où je ne détesterais pas vivre un bout de temps si le hasard de la vie m'amenait à travailler ici. J'aime bien, d'autant plus que je réalise que je me débrouille mieux que je le pensais en espagnol. Avec un peu de pratique, je crois que j'y arriverais assez facilement.
Dès demain, je sors de la ville pour me diriger au nord, très exactement à la frontière de l'Argentine, du Brésil et du Paraguay. Je vous en reparle après avoir passé rien de moins que les 16 prochaines heures en autobus (autobus couchette, tout de même).