Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Voici le carnet d'un très long voyage que je m'apprête à faire en 2009. Mon objectif : voir des merveilles, rencontrer des gens incroyables, faire des découvertes, me ressourcer ... bref, prendre un break et en profiter pour faire le tour du monde!

Publicité

Que dire de Kuala Lumpur?


Les singapouriens ne voyagent pas avec classe qu’en avion. Ils savent aussi le faire en autobus. Fauteuils en cuir dans la salle d’attente climatisée, petit déjeuner asiatique et boissons chaudes à bord servis par une aimable agente de bord, sièges de première classe genre La-Z-Boy avec option vibro-massage et télévision.  
C’est donc en VIP avec vue panoramique du deuxième étage que j’ai fait les 5 heures de route reliant Singapour et Kuala Lumpur, métropole de la Malaisie avec ses 3 millions d’habitants. 

Je vous le dit tout de suite, le premier contact avec KL ne fut pas génial. Est-ce dû au soleil de plomb, à la malpropreté, au harcèlement des chauffeurs de
teksi, aux rues toutes croches, mal indiquées et qui changent continuellement de nom ou tout simplement aux malaisiens eux-mêmes? Dur à dire mais disons que je regrettais un peu mon choix de destination le jour de mon arrivée.

La première chose qui nous frappe de plein fouet lorsqu’on arrive à Kuala Lumpur c’est la malpropreté. On débarque de l’autobus devant une sorte de grand entrepôt sale au milieu de
nowhere, pas moyen de trouver une carte de la ville, ni de guichet automatique, que des boui-bouis malodorants pour les gens du coin manifestement peu fortunés. On découvre rapidement qu’un peu partout à KL les gens vident leurs poubelles sur un coin de rue et, heureusement, ce tas disparaît au cours de la nuit. Par contre, pendant le jour ça mijote au soleil et ça grouille de vermine. Tout à fait le contraire de Singapour où règne la propreté.

Les gens sont différents aussi. Il faut savoir que Singapour faisait partie de la Malaisie jusqu’à ce qu’ils se fassent mettre à la porte en 1965 par des malaisiens qui trouvaient ces chinois de Singapour trop commerçants et pas assez religieux. La grande différence entre les deux états tient à la proportion des races : les malais constituent une petite minorité à Singapour (après les chinois et les indiens) alors qu’ils représentent les ⅔ des malaisiens (les chinois occupant le quart de la population). De plus, il semble y avoir une grande animosité historique entre les malais et les chinois. À Singapour les malais ne sont pas appréciés par les chinois car ils n’ont aucune soif de réussite comme eux, leur vie étant dominée par l’islam. L’important pour eux c’est l’harmonie de la société et de gagner le respect de la communauté par une vie de mérite (mérite que je n’ai pas puisque je ne fais que répéter ce que j’ai lu).

Donc, ici ce sont surtout des malais et j'en ai rencontré deux sortes : Ou bien ils sont super aimables et prévenants mais ils ont l'air d'être ailleurs, un peu perdu même. Est-ce dû à leur trop grande ferveur religieuse qui les rend bébêtes comme le prétendent les chinois? Ou encore il y a la race des solliciteurs harcelants à l'air un peu arnaqueur. C'en devient exaspérant à la longue, surtout qu'ils ne se contentent pas d'un "non, merci" comme réponse.

Il y a finalement le choc d’arriver en pays “très” musulman avec toutes ces “femmes en baklava” ;) autour de soi. Disons qu’un peu plus de la moitié des femmes portent le hijab (voile couvrant toute la tête et le cou, pas seulement un simple foulard sur la tête), y compris des policières et de très jeunes enfants. Certaines portent la niqab, longue robe noire et voile couvrant le visage ne laissant voir que leurs yeux (la plupart du temps fortement maquillés soit dit en passant). Je n'ai pas vu de burka fort heureusement. Le reste est constitué de femmes “à l’occidentale” manifestement pas ou peu affectées par la religion. Ça me donne toujours de l’urticaire quand une société est trop fortement dominée par les religieux, peu importe la religion. Ici c’est le cas et ça me fatigue de voir toute cette soumission religieuse instituée en société civile.

Bref, à première vue KL est une grosse ville sale, bruyante et peu sympathique. Elle est congestionnée, polluée, pleine de motos et d’autos qui roulent trop vite et qui n’hésiteraient pas une seconde à vous écraser si vous avez le malheur d’être sur leur chemin, dans “leur” rue qui n’appartient pas aux piétons. Ils ne se gênent surtout pas pour vous le klaxonner à outrance.

C’est aussi une ville manifestement pauvre dans la hiérarchie sociale de l’humanité. Surtout en dehors du Golden Triangle, partie du centre ville aux immenses tours modernes (dont les fameuses tours Petronas mondialement connues), aux ostentatoires centres commerciaux à l’occidentale et aux hôtels de grand luxes à 300$ la nuit qui font de l’ombre aux bidonvilles tout autour.

300$ c'est plus de 1 000 ringits alors qu'un bon repas coûte environ 12 ringits ici (et encore là, je soupçonne que c'est le prix gonflé pour les touristes). Il n’y a pas de juste milieu. L’hôtel abordable et relativement propre que j’ai trouvé (85 ringits, petit déjeuner anglais compris mais trop climatisé, on y gèle la nuit sans une couverte additionnelle) est à deux coins de rue de ce triangle doré et pourtant, on se croirait au tiers-monde quand je regarde par la fenêtre d’où j’ai a une vue magnifique sur la prison et sur l’immenses tas d’ordures infesté de rats aux coins de la rue.

  Ceci étant dit, quand on regarde les choses différemment, on découvre une société qui est en pleine modernisation. Ils ont décidé, maladroitement peut-être, de commencer par le haut de gamme avec leur triangle doré mais on sent qu’il y a une volonté d'améliorer leur sort et de rejoindre le reste de la planète. 
Ils ont la chance d’avoir du pétrole (donc des $$$) et l’exemple de leurs voisins doit sûrement les influencer (il paraît que les singapouriens vivaient le même problème de propreté il n’y a pas si longtemps de cela). Dire qu'ils ont un Grand-Prix de formule 1 grâce à ces pétrodollars et que Montréal a perdu le sien !!!

De mon côté, comme j’ai une forte capacité d’adaptation, j’apprend vite à vivre avec ces aléas. Pas plus tard que le deuxième soir j'ai décidé d'aller manger dans la rue malgré mes réticences de la veille par rapport à la propreté (j’ai mangé une pizza dans un truc à l’américaine le premier soir - 20 ringits). Je peux vous dire que j’ai très bien mangé dans cette rue et que j’ai eu un contact chaleureux avec ces gens heureux de m’accueillir à leur table. Ils étaient trois à essayer de m’expliquer leur menu écrit en chinois en rigolant de me voir un peu perdu et tout ce que j’ai trouvé à dire c’est que chez-nous, on appelle ça un “numélo 2”. :)

J’en suis maintenant rendu à traverser la rue sans trop faire attention au travers de la circulation comme le font les gens d’ici. Finalement, hier soir en revenant à l’hôtel par un raccourci à travers une ruelle sombre, le chemin était barré par un camion et je ne pouvais plus avancer. J’ai alors décidé de rentrer par la porte arrière d’un restaurant pour ressortir par l’avant en saluant les gens dans la cuisine. Comme vous pouvez le constater, je commence à me sentir un peu comme chez moi malgré mes appréhensions du début.

Maintenant, il faut que je m’éloigne un peu du bruit des grandes villes. Je pars donc demain pour la mer sur la petite île de Pangkor dans le détroit de Malacca séparant la Malaisie de l’Indonésie. Je devrais y rester au moins une semaine et essayer de m’y reposer un peu. Le seul problème est que je ne sais pas si j'aurai une chambre car personne ne répond à mes courriels. Je devrai donc me débrouiller sur place. Je commence à en avoir l'habitude. :)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article